Sabine, fleuriste : « Un beau jour, j’ai décidé de voir la vie en roses »

Après plus d’une décennie dans la communication, Sabine Ollivier s’est lancé un défi : passer son CAP de fleuriste. Pari gagné, avec à la clé un diplôme mais aussi un job dans la boutique où elle a effectué son stage. Aujourd’hui, cette nouvelle vie professionnelle lui plait tant qu’elle envisage un jour d’ouvrir son propre magasin. 

Sabine portrait 1Sabine fleuriste, qui l’eût cru ? Au démarrage, pas même la principale intéressée. Fille de médecins, élevée dans un milieu médical et paramédical, elle commence par un bac scientifique (D) et s’inscrit en fac de pharmacie, pour rester dans la tradition familiale, mais sans enthousiasme.  En fin de première année, le verdict tombe : trop juste pour être admise dans la classe supérieure, Sabine fait un virage à 180° et intègre l’Ecole Française des Attachés de Presse (EFAP).  « Je n’étais définitivement pas faite pour la voie médicale, et j’ai donc opté pour un métier où je puisse mettre à profit mon sens du contact et mon envie de ‘’faire plaisir’’ autour de moi : la communication et les relations publiques » se souvient-elle.  Trois années d’études et un diplôme plus tard, elle est embauchée dans une grande agence de communication événementielle, où elle passe plus de dix ans. « Je dois dire, avec le recul, que je me suis jamais reconnue dans cet univers et ce milieu assez artificiels. C’est pourquoi, quand mon mari s’est vu proposer un poste en province, j’ai dit banco et j’ai démissionné sans regrets ». Sabine, déjà maman de quatre enfants, se retrouve alors femme au foyer, au bord du lac d’Annecy. Elle reçoit, mitonne des petits plats, décore sa maison…mais au bout de trois ans, lorsque l’opportunité de regagner la région parisienne se présente, elle vote pour et décide de réintégrer le monde du travail.

« Tout recommencer à zéro à quarante ans passés, cela ne me faisait pas peur »

« Dans la communication, comme dans beaucoup de professions, il est déconseillé de rater des épisodes, et de toute façon ce monde ne me tentait plus vraiment. Alors, comme j’avais profondément envie de retravailler, je me suis interrogée pour mieux cerner mon profil : j’aimais la décoration, les fleurs, la communication, trois composantes du métier de fleuriste. Et puis, quitte à reprendre une carrière, autant tout recommencer à zéro, cela ne me faisait pas peur » raconte Sabine. Sans trop savoir où s’adresser, elle en parle au fleuriste de son marché, à qui elle achète chaque semaine un bouquet. Celui-ci lui présente alors Chrystelle, une professeure d’art floral qui l’invite illico aux Journées Portes Ouvertes de son école, Tecomah. « Elle a été d’une franchise totale avec moi, me présentant le métier sous toutes ses facettes, avec ses bonheurs mais aussi ses contraintes. Ces dernières ne m’ont pas dissuadée : j’étais déjà mordue, et je suis repartie avec le dossier de candidature…  Autour de moi, les réactions furent diverses : ma mère, avec qui j’ai toujours partagé l’amour des fleurs, m’a encouragée en me disant ‘’pourquoi pas ?’’, mon mari,  connaissant ma détermination, m’a également soutenue, tandis que mon père se demandait à haute voix si je n’étais pas devenue folle. Quant à mes amies, elles ont paru étonnées pour certaines, tout en reconnaissant que ce métier m’irait sûrement comme un gant ».

« Comme mes enfants, j’avais des devoirs chaque soir, c’était une chose incroyable à partager »

Toujours inscrite à Pôle Emploi, puisqu’elle avait démissionné pour suivre son conjoint, Sabine se renseigne alors sur les solutions de financement de sa formation et découvre que leSabine Conseil Régional d’Ile-de-France peut l’aider. Elle obtient une subvention qui lui permet à la fois de couvrir les frais de formation, mais aussi la garderie de son petit dernier, la cantine des plus grands et le matériel dont elle a besoin pour démarrer. Déjà titulaire du bac, elle attaque son année d’études dispensée des matières générales, ce qui lui permet de se concentrer sur le reste : art floral, botanique, horticulture, environnement économique d’une entreprise, comptabilité et gestion d’une boutique. « Cela me plaisait et j’ai été une élève très consciencieuse. Je travaillais beaucoup et formalisais mes cours sur des petites fiches bristol façon ‘’incollables’’, grâce  auxquelles mes enfants m’interrogeaient !  Comme eux, j’avais des devoirs et des copies à rendre, c’était une chose incroyable à partager  ».  Commence alors une période d’une rare intensité, entre les cours à Tecomah, le stage chez un fleuriste et ses contraintes d’emploi du temps, comme les pics d’activité liés au calendrier de la profession (fin d’année, Saint-Valentin, Fête des Mères). « La vie de la famille s’en est trouvée bouleversée, chacun a dû prendre de nouvelles marques mais, au final, tout le monde est retombé sur ses pattes ! ». Le jeu en valait la chandelle car ensuite, le  conte de fées a continué : Franck Nissefort, le maître d’apprentissage de Sabine, n’a pas voulu la laisser partir une fois diplômée et lui a proposé pour démarrer un CDD de deux jours par semaine. « C’était idéal, cela me permettait de commencer en douceur ma nouvelle vie professionnelle tout en la conciliant avec ma vie de famille. Trois ans après, Franck a ouvert une deuxième boutique et m’a demandé si je voulais tenir le magasin d’origine à plein temps… Je n’ai guère hésité avant de dire oui, même si j’avoue que ce n’est pas évident tous les jours, notamment pour les WE ou les départs en vacances. Mais c’est un choix de vie que je n’ai pas fait seule, mon mari et moi en avions discuté, et ma famille me soutient ».

« Si vous avez une véritable envie de reconversion, tentez l’aventure  »

Aujourd’hui, Sabine est une fleuriste comblée, épanouie comme les roses qu’elle marie à la perfection dans de jolis bouquets. « Ma passion n’est pas près de se faner ! J’apprends beaucoup avec Franck, je me sens progresser chaque jour. Pour m’enrichir encore de nouvelles techniques et d’inspirations différentes, je prévois de faire à terme des stages auprès d’artisans-fleuristes et de meilleurs ouvriers de France. Et j’ai de plus en plus envie de créer ma propre boutique, d’ici une dizaine d’années, même si je mesure le défi que cela représente… ».  Lorsqu’on lui demande où elle puise son énergie, elle parle de ses journées au magasin, qui la rendent si heureuse qu’elle a une pêche intacte le soir, en arrivant chez elle, pour attaquer la deuxième journée que chaque mère de famille qui travaille connaît. « Si vous n’êtes pas heureux dans votre job, interrogez-vous et si vous avez une vraie envie, tentez l’aventure ! Je me sens aujourd’hui tellement plus moi-même que lorsque j’étais dans la communication. Faire un bouquet, voir le sourire sur le visage de la personne qui repart avec, ça n’a pas de prix ! » ♦

Texte Corinne Martin-Rozès / Illustrations © Maud Benaddi
— Texte et images ne sont pas libres de droit —

Mise à jour 2016 : Sabine Ollivier a aujourd’hui ouvert son propre magasin !
Pour en savoir plus, RV sur son site internet

Site internet Sabine

Advertisements


Catégories :Reconversion

Tags:, , , , , , ,

11 réponses

  1. Bonjour,
    je me permets de vous contacter car nous avons une passion commune : les fleurs!
    Je suis chef d’entreprise depuis 15 ans, J’ai 46 ans, mon métier est l’esthétique depuis 25 ans, (domaine où je possède les plus hauts diplômes Bac +3) et aujourd’hui, j’arrête tout pour me consacrer aux fleurs ma passion depuis toujours car on a qu’une vie!!
    J’ai beaucoup voyagé et vécu en Polynésie où j’ai pris des cours privés d’art floral tropical, de retour en France, j’ai travaillé chez un fleuriste 4 mois, puis je suis revenu dans mon métier par nécessité.
    Je souhaite faire une formation accélérée (car je suis seule avec ma fille et il faut que je travaille rapidement car je n’ai droit à aucune aide) pour adulte dans l’art floral dans le cadre d’une reconversion professionnelle afin de faire de ma passion, mon métier !
    Pouvez-vous s’il vous plaît m’indiquer ou me conseiller sur une école réputée en France ou à l’étranger pour apprendre rapidement (1 ou 2 mois), il y en a tellement que je ne sais laquelle choisir!
    J’espère que vous aurez quelques minutes à me consacrer
    Je vous remercie de tout cœur par avance pour votre aide

    • Bonjour et merci de votre commentaire… Hélas je ne suis pas du tout spécialisée sur ce domaine ! J’ai juste recueilli le témoignage de Sabine qui, elle, a préparé un CAP à l’école Tecomah en région parisienne, a priori une très bonne formation. Bonne chance à vous pour votre reconversion, je vous souhaite le meilleur.

  2. Une histoire qui se rapproche étonnamment de la mienne…Une reconversion professionnelle a 40 ans passés, même école de formation… et ma propre boutique également depuis 7 ans desormais! Merci pour le témoignage et bon courage pour la suite!

  3. Bonjour,
    tout d’abord, merci, milles fois merci !
    J’ai 32 ans et je suis dans l’informatique, j’ai déjà fait une reconversion professionnelle, poussé par mes problèmes de santé, mais là, c’est d’une part une envie de changer totalement de vie, et d’autre part ma santé, qui le nécessite. En sortant du lycée, je m’étais posé la question, le métier de fleuriste m’avait toujours plus, et j’avais fait une stage mais j’ai suivit des conseils, et je me suis dirigée en vente informatique.
    Depuis quelques temps, j’ai des difficultés à trouver des contrats, et l’envie de changer trotte dans ma tête et dans mes rêves depuis un moment. Mais je me demandais si quelqu’un avais tenté ce changement avant, si il existait des possibilités de ce type, et si ça pouvais fonctionner.
    Alors, en recherchant des informations, je suis arrivé sur votre témoignage, et j’y ai lu ce que je cherchais pour être sûr de ma décision.
    Alors, je me répète, merci.

  4. bonjour,

    je suis à la recherche de quelqu ‘ un qui pourrait m’éclairer sur le métier de fleuriste ,je suis en dispo depuis 8 mois car j’ ai rejoint mon conjoint mais je ne trouva pas de travail du coup je réfléchit beucoup car le métier de fleuriste c’ était mon rêve quand j avait 15 ans mais mes parents on décidée autrement j’ ai jamais était épanouie dans mon travail d’agent de cuisine et d’entretien dans les écoles .

    Merci

    • Vous pourriez déjà commencer par aller en parler avec un fleuriste : sur votre marché, dans votre quartier… Ensuite, renseignez-vous auprès des écoles qui proposent des formations pour adultes en reconversion, comme Tecomah en région parisienne (mais il y a en d’autres ailleurs, j’imagine). Bonne chance dans votre projet Emmanuelle !

  5. J’ai 60ans, à la retraite l’an prochain et j’aimerais apprendre l’art de confectionner de beaux bouquets de fleurs. Je n’ai déjà plus d’activité, je suis veuve, mes enfants ont pris leur envol et je crains la solitude. Pensez vous que cela soit encore possible pour une personne de mon âge.

  6. Bonjour,
    Ce métier m’intéresse, j’ai 24 ans et j’ai la possibilité de faire la formation à partir de la rentrée prochaine, même si je ne me suis pas encore inscrite.
    J’aimerais savoir comment se passe les journées, les horaires, la charge de travail par semaine pour un employé? Est-ce qu’il fait 35 heures? combien de jour de repos peut-il avoir par semaine?
    cordialement

    • Bonjour Laure. Pour ce type de renseignement, vous n’êtes pas au bon endroit, puisque sur ce blog je raconte des histoires, je ne donne pas de solutions !
      Je vous conseille de commencer par aller voir votre fleuriste pour en discuter avec lui, c’est ainsi que Sabine a démarré…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :