Laurette, monitrice de boxe « Il faut savoir forcer son destin et ne pas se décourager à la première difficulté »

Dans tous les postes qu’elle a occupés, Laurette a cherché à évacuer la formidable énergie qui est en elle. Après avoir été traiteur, pâtissière et chef de cuisine, elle qui fut aussi vice-championne de France Espoir de boxe française décide, à 30 ans, de passer son diplôme d’entraîneur. Aujourd’hui, elle « coache » à domicile des Parisiennes désireuses de pratiquer ce sport exigeant.

laurette coach sportive l'coachingElle arrive chez vous, sac de sport sur l’épaule, et sort les gants de boxe : c’est parti pour une séance d’entraînement qui va bien au-delà de l’aspect purement sportif. « Quand on choisit de boxer, ce n’est pas par hasard. On parle de soi, on se dépasse, pour certaines clientes c’est presque une thérapie ! Je me déplace à domicile, mais j’organise aussi des ateliers dans un ring que je loue, pour celles qui préfèrent travailler en groupe et hors de chez elles. Pendant l’heure de boxe, on ne pense à rien d’autre, on est déconnecté, on se défoule, on se fait du bien. Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir partager ma passion et mon goût pour ce sport, mais aussi de voir progresser mes élèves vers les objectifs qu’elles se sont fixées » explique Laurette, 34 ans et désormais heureuse monitrice de boxe, après une première vie professionnelle aux antipodes de ce nouveau métier.

« L’école, ça n’était pas franchement mon truc »

S’il y a bien une constante néanmoins dans l’itinéraire de Laurette, c’est l’énergie qu’elle porte en elle. « J’ai toujours été une pile électrique, déjà enfant je ne tenais pas en place. Au retour de l’école, j’envoyais valser mon cartable et je courais jouer au foot avec mes copains » se souvient-elle. Toujours dehors, en action, elle touche à tout sans pour autant passer par des clubs de sport : tennis, baseball, foot. « A l’école, j’étais une élève très moyenne et je devais travailler dur pour arriver au même résultat que mes camarades. Ça n’était pas franchement mon truc… » En fin de 5ème, alors qu’elle a 13 ans et sur les conseils de son père qui travaille dans la restauration, elle quitte le collège pour commencer un CAP Traiteur. Elle enchaîne par un BEP Pâtisserie, sans grande conviction et un peu par défaut. A partir de 16 ans, elle travaille les WE et les vacances pour être financièrement autonome puis fait une première saison à la montagne, à 18 ans, à la sortie de son école. « J’étais employée chez un pâtissier et chaque jour je prenais mon poste à 3 heures du matin. J’ai continué dans cette voie, en changeant régulièrement de pâtisserie pour ne pas m’ennuyer. Au bout de quatre ans à travailler ainsi 6 jours sur 7, j’ai eu envie de ralentir et je me suis tournée vers la restauration collective ». Laurette est alors embauchée au bas de l’échelle, dans une maison de retraite, comme commis de cuisine. Elle devient rapidement second, puis à 25 ans obtient un poste de chef de cuisine dans une cantine scolaire.

 « Rapidement la boxe est devenue un besoin »Laurette L'Coaching

Parallèlement à son métier, durant toutes ces années, Laurette continue bien sûr à pratiquement activement le sport. Au début des années 2000, elle découvre la boxe française et c’est un coup de foudre. « A mes débuts, ce sport de combat m’a permis de me défouler, de libérer mon stress et d’apprendre à me défendre. J’ai adoré ! Rapidement la boxe est devenue un besoin » explique-t-elle. Laurette se montre particulièrement douée et devient même, en 2009, vice-championne de France Espoir. Peu de temps après ce titre, alors qu’elle attend son premier enfant, la jeune femme se voit contrainte d’arrêter l’entraînement. Comme elle tourne rapidement en rond, le président de son club lui suggère alors de profiter de cette pause forcée pour préparer son diplôme de monitrice de boxe. « Je me suis dit, pourquoi pas ? J’ai alors suivi un parcours destiné aux personnes qui ont un travail à côté, avec des modules à valider sur les week-ends et en semaine au CREPS. Le groupe était sympa, il y avait beaucoup de compétiteurs qui raccrochaient les gants et avaient le désir de transmettre leur art. En juin 2010, à 30 ans, j’ai obtenu mon diplôme » se souvient-elle.

« Pas facile de démarrer, quand on arrive à Paris et que l’on n’y connaît personne ! »

Sports bag with sports equipment isolated on whiteA ce moment précis, un concours de circonstance va précipiter le destin de Laurette. Son mari, qui est gendarme, est muté de Lyon (où ils étaient basés) à Paris. La jeune femme, alors toujours chef de cuisine en cantine scolaire, démissionne pour suivre son conjoint et se dit que c’est le moment ou jamais de tenter l’aventure d’une vraie reconversion. « Je caressais le doux rêve de vivre enfin de ma passion en devenant coach sportif, et j’ai pris mon courage à deux mains pour me lancer. Pourtant, pas facile de démarrer, quand on arrive à Paris et que l’on n’y connaît personne ! » Elle bricole un petit document de présentation et des cartes de visite, puis commence à faire la tournée des boutiques de son quartier que fréquentent ses clientes potentielles, à savoir les Parisiennes. Prêt-à-porter, coiffure, esthétique, elle pousse de nombreuses portes pendant près de deux mois, avant de décrocher une première cliente, puis deux, puis trois… la machine était lancée ! Son mari lui crée alors un site internet et s’occupe de son référencement. « Au début, il était un peu dubitatif sur ma capacité à me lancer sans aucun réseau local mais, voyant ma détermination, il a bien vite pris le parti de m’apporter son aide, qui a été précieuse. Je crois qu’aujourd’hui il est fier de moi… » indique-t-elle.

« Je sais aujourd’hui que rien n’est impossible »

Pour l’heure, Laurette a 34 ans et compte déjà trois ans d’activité en tant que coach de boxe. « Je peux dire que je vis de mon métier, même si ma rémunération est très modeste, mais en même temps je n’ai pas de gros besoins. Je suis laurette coach de boxe L'Coachingheureuse d’avoir tenté l’aventure, et je me dis que si je suis arrivée à faire cela, pourquoi ne pas envisager d’ici quelques années d’avoir ma propre salle ? Après tout, le virage professionnel que j’ai pris était à 180°, et le fait d’avoir su le négocier me rend forte, confiante en moi. Je me dis que rien n’est impossible, mais il faut se lancer, ne pas écouter les gens qui vous font douter, aller frapper aux portes et surtout  ne pas s’arrêter au premier obstacle. Personne n’est venu me chercher chez moi, j’ai cru dur comme fer dans mon projet et je me suis donné les moyens d’y arriver. Alors, quand mon fils de quatre ans me voit partir avec mon sac de boxe et mes baskets et qu’il me demande si je vais au travail, je mesure le chemin parcouru et ça me rend vraiment heureuse » conclut Laurette.

Retrouvez Laurette sur son site http://www.l-coaching.fr/ et sur sa page Facebook

Texte Corinne Martin-Rozès / Visuels © L’Coaching
Textes et images ne sont pas libres de droits

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