Selma Yakhlef, fondatrice d’Apolline Point : « Mettre à la disposition des femmes des outils et des modes opératoires pour développer leur activité »

A 36 ans, Selma Yakhlef a déjà plusieurs vies derrière elle et de nombreuses cordes à son arc. Aujourd’hui, cette pétillante entrepreneuse aide les créatives à développer leur activité grâce à un accompagnement personnalisé et à des modules de formation exclusifs. Elle partage enfin son expérience et dispense de précieux conseils sur son site, selmapaiva.com.

 

Selma YakhlefQuel a été votre parcours  ?

J’ai commencé par un cursus à l’ISIT (Institut de Management Interculturel), qui m’a permis de travailler autour de problématiques de communication interculturelle. J’étais passionnée par le développement durable, et le commerce équitable. J’ai commencé par travailler avec des ONG en tant que bénévole, puis en free-lance. A l’époque, « free-lance » n’était pas un métier à mes yeux : un « vrai métier », c’était une fiche de salaire, et un bon poste classique. Il n’y en avait pas, alors j’ai commencé à regarder ailleurs. Comme j’aimais aussi la vente, j’ai complété ma formation par un MBA à l’IAE de Paris (Institut d’Administration des Entreprises), ça m’a énormément plu. La suite, moins : j’ai travaillé dans la téléphonie mobile et la bureautique en B2B. C’est-à-dire bien loin de mes idéaux de développement durable, et je n’étais pas du tout à ma place : écouler un maximum de produits auprès de structures qui n’avaient pas besoin de changer de matériel, préparer des outils d’aide à la vente pour des commerciaux dont les dents rayaient le plancher. J’ai alors cru que je n’aimais pas la vente, et j’ai tourné la page. Ayant grandi entourée d’enseignants, j’étais fascinée par l’impact, par l’utilité qu’on peut avoir en transmettant des savoirs : j’ai choisi de passer le concours de professeur des écoles. Pendant huit ans, j’ai travaillé en maternelle et primaire. J’aimais le contact avec les enfants et les parents, et ça se passait très bien. Mais le milieu de l’Education Nationale ne me correspondait pas du tout, et je ne supportais ni le fonctionnement, ni la hiérarchie. J’ai donc choisi de quitter la classe à un moment où j’étais encore pleine d’énergie, et contente d’enseigner.

Comment est né Apolline Point (aujourd’hui selmapaiva.com) ?

J’étais encore prof, et j’ai commencé en parallèle à créer des bijoux. Je me suis formée au travail du métal, j’ai ouvert un blog et j’ai décidé de baptiser ma marque Apolline Point. Grâce au blog, j’ai rapidement eu l’occasion d’échanger avec d’autres créatives, et je me suis rendu compte que des choses qui me semblaient évidentes, au niveau commercial, ne l’étaient pas pour tout le monde. De fil en aiguille, j’ai formalisé des conseils sous la forme d’articles. Un an et demi après la création du blog, en mars 2014, j’ai mis en vente mes premiers services. (NdlR : en 2015, le site a pris le nom de SelmaPaiva.com).
J’ai retrouvé un de mes rêves d’enfant : changer le monde, avec mes mots, et mes idées (j’ai pour l’instant mis de côté l’autre rêve, celui de la création de bijoux. On verra plus tard !)

En quoi consiste concrètement votre activité ?

J’aide les créatives à développer leur entreprise : communiquer autour de leur travail, structurer leur offre, trouver leurs clients, se faire connaître. Je propose différentes approches. Il peut s’agir d’accompagnement individuel (par Skype), sous la forme de duos de séances (deux fois une heure trente + un suivi par email). Je travaille aussi par petits groupes sur six mois : les participantes se retrouvent dans un groupe privé, elles échangent, accèdent à des modules de formation et bénéficient de sessions individuelles, via Skype également. Je propose aussi des « ateliers virtuels » pour mettre à plat ses objectifs et mieux s’organiser, ainsi qu’une formation « apprendre à mieux vendre » déclinée en six modules.

Pourquoi ce positionnement dédié aux femmes ?

selma yakhlef verticalIl existe déjà pas mal de formations et d’outils à consonance très masculine dans le domaine du commerce et de la vente. Mais les femmes rencontrent des obstacles différents, elles ont besoin d’autre chose. Le Dalaï Lama dit que le monde sera sauvé par les femmes occidentales, et je crois que c’est vrai. Car la culture et l’éducation passent par les femmes. En les aidant à développer une activité en phase avec leur personnalité et leurs valeurs, on les rend plus puissantes, et on fait évoluer toute la société. Parmi celles qui font appel à moi, il y a des céramistes, photographes, créatrices de prêt-à-porter adulte et enfant, d’accessoires de mode, d’objets de décoration…donc des conceptrices d’objets tangibles ou non, mais aussi de moments précieux (dans l’événementiel par exemple).

Au-delà des formations, que souhaitez-vous leur transmettre ?

Mon rôle est surtout de les guider pour qu’elles passent à l’étape d’après, en consacrant leurs efforts à ce qui produit des résultats en phase avec leur personnalité et leurs valeurs. Je leur donne des outils, et des clés pour qu’elles gèrent mieux leur rapport au temps, à l’argent, à la vente… Je les accompagne sur un développement à la fois personnel et commercial.

Comment vous sentez-vous dans votre nouvelle vie ?

Après des années passées dans le bruit, j’apprécie énormément…le silence ! Je me sens beaucoup plus en harmonie avec mon mode de fonctionnement, et avec le rythme d’une vie de famille avec deux enfants en bas âge. Je peux adapter mon rythme de travail pour être plus proche de celui de mes enfants : je travaille très tôt le matin, ce qui me permet de terminer à temps pour être à la sortie de l’école à 15h55 et de ramener mon grand à la maison le mercredi. Créer mon propre travail est un vrai défi : ce n’est pas que c’est toujours facile, mais je sais que je vis quelque chose qui vaut la peine d’être vécu. J’ai aujourd’hui le sentiment de me reconnecter à mes 17 ans, c’est précieux. Je veux participer à la construction d’une nouvelle société, pour l’amener vers quelque chose de meilleur. Et je sens que les choses bougent, l’existence d’un blog comme le vôtre en est la preuve !

Texte © Corinne Martin-Rozès / Photos © Selma Yakhlef

Retrouvez Selma sur son site internet
Vous pouvez aussi en savoir plus sur le blog En Aparté et sur le blog Tout pour changer

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Catégories :Hors les murs

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3 réponses

  1. Encore une interview qui donne la pêche ! Bravo Selma pour ce parcours et ce dynamisme que vous insufflez à ceux qui vous suivent.

  2. J’ai l’impression de lire mon propre parcours. Professeur remplaçante en marketing, je poursuis désormais mon chemin avec mon propre business, fini le marketing en tant que salarié. Je revis, je vibre au quotidien.

  3. Bonjour,

    Je suis un homme mais je commente quand même 😉

    C’est vraiment une très bonne initiative de cibler votre public. J’ai une amie qui a créé un blog dédié aux femmes qui souhaitent reprendre la forme et une alimentation saine et je pense que c’est une très bonne chose pour réussir dans certaines activités.

    La vôtre est très claire et beaucoup de femmes se reconnaîtront dans vos propos contrairement. Certains hommes (stupides) auront parfois du mal à accepter les conseils d’une femme, surtout pour le business.

    Merci pour ce partage en tout cas et bonne continuation Selma !

    Xolali

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