Explorer efficacement son désir de reconversion : exercices et conseils

Si le désir de reconversion est présent chez de nombreuses personnes, il reste souvent flou, voire motivé par de mauvaises raisons. Afin d’aider ceux qui le souhaitent à voir plus clair en eux, la coach Hélène Picot propose des exercices pour faire le point sur soi-même, mais aussi des conseils pour tenir le cap.

 

Quand l’idée de reconversion vous trotte dans la tête sans réellement prendre forme, quelles questions peut-on commencer par se poser ? 
Hélène Picot

Hélène Picot

Hélène Picot – Demandez-vous déjà si vous avez vraiment envie de tout changer ou si quelques améliorations dans votre quotidien (personnel et professionnel) ne suffiraient à votre épanouissement. En effet, la reconversion est surtout un appel au changement de vie pour se reconnecter à soi. Et parfois, le simple fait de casser la routine et d’opter pour quelques actions transverses peut vous apporter cette reconnexion à vous-même, en tout cas à court et moyen terme. Par exemple : pratiquer un loisir qui vous tient à cœur depuis longtemps, apprendre la méditation, prendre des cours du soir, négocier une journée de télétravail, vous positionner sur un projet stimulant, faire du bénévolat quelques heures par semaine, etc…  Sortez du cadre, en commençant par changer vos habitudes : prenez un autre chemin pour rentrer chez vous, débranchez votre téléphone et votre ordinateur pendant une journée, partez marcher sans but précis. C’est en sortant de votre zone de confort que l’inspiration jaillit.

Autre question que se posent fréquemment les gens : « vers quel métier se tourner ?». Que leur dites-vous ?

A mon sens, la bonne interrogation n’est pas « Quel métier dois-je faire ? » mais plutôt « Qui je veux être ? ». On est nombreux à chercher de manière logique et rationnelle tous les métiers que l’on peut exercer par rapport à ses aptitudes, ses diplômes ou ses expériences en mettant souvent de côté les métiers qui nous plaisent vraiment sous prétexte que « ça n’est pas possible, il ne faut pas rêver ! ». Or une idée de reconversion ne se trouve pas avec notre raison (hémisphère gauche), elle émerge via notre intuition (hémisphère droit) et surtout notre cœur ! Demandez-vous déjà qui vous voulez être, quelle vie vous désirez mener ? Qu’est-ce qui est réellement important à vos yeux ? Lesquels de vos talents vous voulez mettre en avant ? Comment et où vous voulez vivre ? Que voulez-vous apporter autour de vous ? Quelles activités vous plaisent réellement ? Voulez-vous créer votre entreprise ? Avez-vous envie de faire plusieurs métiers ? Qu’est-ce qui caractérise, pour vous, une vie réussie ? En effet, c’est à votre métier de s’adapter à votre vie (et non l’inverse). Vous pensez que c’est totalement idéaliste ? Et bien oui, c’est idéaliste mais pas irréaliste ! Gardez en tête une chose importante : vous êtes sûrement bon dans ce que vous savez faire mais je peux vous assurez que vous EXCELLEREZ dans ce que vous AIMEZ faire et dans ce qui fait votre essence.

A ce titre, voici un exercice pratique que j’ai mis au point et baptisé « L’arbre pour créer sa vie ».
Prenez quelques crayons de couleurs et dessinez votre vie idéale (cela marche aussi avec des collages).
L'arbre pour créer sa vie Hélène Picot

 

D’où viennent ces réflexes qui nous paralysent ?

Notre système éducatif place l’aspect cartésien des choses au-dessus de tout. Nous sommes formatés dès notre plus jeune âge pour rentrer dans de jolies cases où le faire semble plus important que l’être. On nous enseigne les matières classiques, on nous inculque la compétition. Rien (ou si peu) sur la créativité, l’art, la musique, le développement de l’intuition, le savoir-être, l’esprit d’entreprise et d’innovation ! Viennent ensuite les études choisies sans véritable vocation (sauf exception), puis  la vie active. Tout est mis en place pour nous éloigner de nos ressentis, de qui on est vraiment, de notre âme en quelque sorte ! Un programme profondément ancré qu’il est néanmoins possible de désinstaller.

Pourquoi un fonctionnement trop raisonné est-il contre-productif à ce stade ?

Pour trois raisons principales qui sont autant de freins :
– il bride la créativité, alors qu’au contraire il faut s’accorder de l’espace et des temps de pause pour pouvoir apprendre à écouter à nouveau son intuition et laisser place à l’inspiration.
– il implique souvent de rester dans ce que l’on sait faire, par peur de tout changer. Il conduit aussi à se dire qu’il ne sert à rien de rêver car on n’est pas capable de faire ceci ou cela.
– il amène à contrer chaque idée de reconversion en trouvant de nombreuses excuses, toutes très rationnelles (secteur bouché, salaire trop faible, etc…), au lieu de se demander comment les contourner.

Parmi les freins au changement, la question de l’argent et du temps revient souvent. Comment la contrer ?
© Isabelle Nio

Hélène Picot © Isabelle Nio

En changeant son angle de vue ! «Si j’avais le temps et/ou l’argent, je créerai mon entreprise ou je ferai le tour du monde… » Au risque de vous décevoir il y a de fortes chances pour que cela ne se produise jamais. A force d’attendre le fameux déclic et le coup de pouce providentiel d’un événement extérieur, vous ne ferez strictement rien.
Mon conseil ? Inversez la donne et mettez-vous à l’action. Dès que vous aurez fait ce premier pas, je vous assure qu’une myriade d’opportunités fera son apparition. Pour vous aider, au lieu de vous focaliser sur le manque (« Je n’ai pas assez d’argent »), commencez par écrire (à la main) ce que vous voulez et combien il vous faudrait (en hypothèse haute et basse) pour mener à bien votre projet. Puis listez, sans vous censurer (vous pouvez faire ce brainstorming à plusieurs) toutes les solutions (même celles qui paraissent loufoques) pour récolter cette somme… et mettez en pratique une ou plusieurs de ces solutions.

 

Autre frein majeur, l’entourage. Parfois (mais pas toujours) bien intentionné, il a souvent tendance à décourager les candidats au changement…

Quel aspirant à la reconversion n’a pas entendu « Es-tu bien sûr de vouloir te reconvertir à ton âge ? », « Mais comment vas-tu t’en sortir financièrement ? » ou  « Je connais quelqu’un qui a voulu faire ce métier, il n’a jamais pu en vivre ». Et encore, ce n’est qu’un petit florilège des phrases anxiogènes que l’on me rapporte.
Autant vous l’avouer tout de suite, oui, la « gestion » de l’entourage lors d’une reconversion et/ou d’une création d’entreprise est la chose la plus compliquée. Votre entourage vous aime mais il fait un transfert et s’imagine à votre place, ce qui l’effraie. Lorsque vous bougez, c’est tout le système qui bouge à son tour donc votre reconversion engendre un stress par anticipation, puisqu’il va questionner chaque individu sur sa propre vie et sa capacité à changer.
Mon conseil ? Pour ne pas vous laisser engluer, choisissez une personne ressource à qui vous pourrez parler de vos succès, de vos doutes, de vos angoisses et n’en parlez qu’à cette personne. Quant aux autres, ne les informez que des bonnes nouvelles.

Le pire des freins, n’est-ce pas aussi soi-même  ?

Je le constate, en effet : comment voulez-vous réussir si vous ne croyez pas en vous et si vous pensez, à tort, que vos rêves, ne sont que… des rêves. Ayez une foi inébranlable, croyez en votre rêve et avancez vers lui petit à petit. Bien sûr, vous aurez parfois l’impression que cela ne va pas assez vite et quelques doutes s’immisceront.
Mon conseil ?  Fixez-vous un point mensuel ou trimestriel dans lequel vous noterez essentiellement les avancées, bonnes nouvelles, points positifs, objectifs atteints du mois ou trimestre écoulé. Vous prendrez conscience du chemin déjà parcouru au lieu de vous focaliser essentiellement sur le parcours qu’il reste à faire. Profitez de ces points pour vous féliciter, vous faire un petit (ou un grand) plaisir.  Et ne perdez pas de vue que se reconvertir, ce n’est pas juste changer de métier : c’est renouer avec soi et s’autoriser à vivre sa propre vie.

Propos recueillis par Corinne Martin-Rozès
– Texte et photos ne sont pas libres de droit –

 

Hélène Picot, coach certifiée, a elle-même vécu l’aventure de la reconversion, après une première carrière dans la publicité. Auteur et créatrice d’ateliers pour trouver sa voie (Rêvez, Osez, Foncez !), elle co-anime aussi des séminaires de croissance personnelle en école de commerce et d’ingénieurs.
Retrouvez-la sur son site http://helene-picot-coaching.com
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Plus d’info sur son livre « Sans Emploi ? Trouvez votre voie et rebondissez ! » aux éditions Quintessence

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Catégories :Paroles de coach

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12 réponses

  1. Dossier très intéressant en particulier le domaine « gestion des relations avec son entourage direct ». Merci

  2. Merci Hélène pour cet article! La « méthode » donnée est, je pense, une bonne approche, mais le plus important reste a mon avis, le rêve. C’est lui qui motive le plus: lorsque l’on sait que l’on peut l’atteindre, et qu’on prend la décision de le faire, tout le reste suit.

    Je n’ai que 30 ans, et je me suis déjà reconverti deux fois. Une fois pour de mauvaises raisons: avoir un emploi dans lequel j’aurai plus de facilité à trouver des contrats après une déception. Même si ce que j’ai appris me sera utile pour certains projets personnel, ce fut un échec cuisant qui m’a valu 4 années de chômage, un surendettement, etc…

    L’autre reconversion à été beaucoup plus longue. J’ai décidé de faire de ma passion mon métier. Ce fût très dur. certaines personnes autour de moi n’ont pas compris pourquoi je dépensais tant d’énergie à courir après ce projet, beaucoup de ces personnes sont parties de ma vie brutalement. Toutes mes demandes de formations ont été refusées. Mais quand on ne lâche rien, on finit par y arriver. Je me suis formé moi même, parfois à travailler sur des projets personnels pendant des semaines entières, quitte à ne presque pas dormir, pour progresser. J’ai cherché à occuper mon temps libre (cad, celui ou je ne cherchait pas à progresser dans mon domaine) en m’occupant de projets plus simple mais gratifiants, pour garder confiance en moi. et finalement, j’ai signé mon CDI de graphiste/infographiste print & web le 20 Octobre. J’ai un patron rock’n’roll, des collègues sympas, et en plus je travaille dans un milieu que j’aime, très graphique et ou je peu exprimer toute ma créativité à loisir. Je me suis lancé en tant qu’auto-entrepreneur pour compléter mon mi temps, et je sais que ça finira par payer aussi. Bref. je n’ai rien lâché.

    Si vous avez lu l’article et voulez vous aussi changer de vie, foncez. Pas dans un mois, pas demain, maintenant. prenez le temps de faire les choses comme il le faut. Donnez vous les moyens d’avancer. Ne lâchez rien. Même les échecs sont importants pour progresser. Y compris ceux qui vous sapent le moral au point de vouloir abandonner. Je dirais même que c’est d’eux qu’on apprend le plus. L’important est juste de se tracer un chemin à suivre. Pas forcément un chemin idéal. Un chemin biaisé vous amènera au même résultat tant que votre but est clair.

    Et merci aux gens qui comme Hélène veulent aider les autres à trouver leur propre voie. Pas celle que le regard des autres impose: Celle qui leur permettra de vivre la vie dont ils ont VRAIMENT envie.

  3. Bonsoir,
    Votre site et ce dossier sont particulièrement inspirants. Je crois qu’aujourd’hui, un certain nombre de personnes auraient très envie de se reconvertir mais n’osent pas franchir le pas. Tout est fait dans notre société pour cantonner les gens dans leurs peurs et leur donner à penser qu’un changement de vie risque de les entraîner inexorablement vers une catastrophe. A quand une société qui prône le positif, les valeurs humaines et la réalisation de ses rêves ?

    Moi-même reconvertie de l’Education Nationale depuis quelques mois, je me suis rendue compte à quel point oser démissionner du statut de fonctionnaire était tout simplement impensable pour la plupart des personnes. Pourtant, c’est la plus belle chose que j’ai pu faire de toute ma carrière : oser briser les chaînes, les carcans, la pensée unique et retrouver la liberté de me dire aujourd’hui : « Tout est possible ! » Alors merci Les Nouveaux Audacieux ! 🙂

  4. et c’est tellement vrai, à partir du moment ou l’on réalise ce qui nous tient à coeur, cela se déroule naturellement et sans effort.

  5. Osez, rêvez, foncez ! Un crédo que je garderai en tête à l’avenir car il est particulièrement juste. Il se trouve que je suis en reconversion depuis maintenant 5 ans. J’ai repris des études en histoire de l’art durant 4 ans pour atteindre le master 1 recherche et désormais je suis en master professionnel à Dijon en ingénierie des métiers de la culture. J’ai décroché un premier stage au musée des beaux-arts de Sens mais mon rêve de gosse c’est de travailler au château de Versailles, un lieu qui me fascine depuis mon adolescence. Seulement je n’osais pas et longtemps j’avais mis ce rêve de côté imaginant qu’il n’était pas raisonnable et trop inaccessible surtout. Ma responsable de stage m’a poussée à candidater en affirmant de toutes les façons qu’un recruteur ne pouvait que dire oui ou non. Le samedi j’envoie mon cv au conservateur qui me fait le plus rêver, lundi je reçois un appel téléphonique de sa part et le vendredi de la même semaine je le rencontre pour un entretien de stage que j’ai finalement décroché. Cerise sur le gâteau, il lit mon mémoire de recherches et 8 jours plus tard me propose de collaborer avec lui dans le cadre d’une thèse d’histoire de l’art !!! J’ai bien évidemment accepté cette proposition sans hésiter. Reste à trouver les financements car il est évident que sans revenus, ce sera difficile de se lancer. Pour autant, je vous laisse imaginer le degré d’ébullition dans lequel je me trouve actuellement, je dois encore me pincer pour y croire mais désormais c’est chose faite, mon rêve de gosse prend forme et mon changement de vie tout son sens……Et j’y crois dur comme fer et suis déterminée à secouer le cocotier s’il le faut pour mettre la machine en route !!! J’ignore si le hasard fait bien les choses, mais il y a une phrase de Sénèque que je garde désormais en tête et que je médite quotidiennement : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Donc allez-y, osez vivre vos rêves et foncez car il vaut mieux les vivre pleinement que de rêver sa vie !!

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