Claire, avocate : « Aider mes clients à solutionner leurs problèmes me donne le sentiment d’être vraiment utile »

avocat-droit-des-contrats-versaillesDes études de droit et un premier métier, celui d’enseignante, dont elle perçoit rapidement qu’il ne lui apportera pas tout ce qu’elle attend de sa vie professionnelle : à l’approche de ses 30 ans, Claire Quétand-Finet change de perspective. Sans toutefois quitter son domaine d’expertise, elle décide de préparer le barreau. Aujourd’hui avocate, elle a monté son cabinet et s’épanouit pleinement dans sa nouvelle vie.

 

A 33 ans, Claire Quétand-Finet est une jeune avocate qui sait ce qu’elle veut. Aux commandes de son cabinet, créé début 2016, elle met son écoute et son expertise au service des gens qui ont besoin d’elle. « J’ai choisi de me spécialiser en droit de la famille, partant du principe qu’on ne peut pas courir dix lièvres à la fois si l’on veut être vraiment compétent. Je me dis souvent « choisir c’est renoncer«  : cela peut paraître négatif, pourtant ça ne l’est pas. A partir du moment où l’on choisit, où l’on sait que cela implique des renoncements en parallèle, on est mieux armé pour aller au combat ! Je suis de nature optimiste et je fais mes choix en pleine conscience : être avocate et mère, en même temps, être spécialisée sans pour autant renoncer à me former, à aller vers d’autres expertises, ce sont mes partis pris » explique-t-elle. Et elle s’y tient, avec toute la rigueur qui la caractérise, mais aussi avec cette empathie qui fait d’elle une avocate appréciée de ses clients. La preuve ? Son cabinet, créé à partir de zéro et en dépit des avertissements pessimistes de certains confrères (en mode « ça ne marchera jamais ») a rapidement pris sa vitesse de croisière.

« Mon père m’a appris à quel point il était important de se dépasser pour développer ses talents »

Rien ne prédestinait Claire à être avocate, et sa vocation ne date pas de l’enfance. « J’étais une bonne élève classique, je travaillais et je n’avais de toute façon pas le choix : mon père, lui-même directeur d’établissement scolaire, accordait beaucoup d’importance à l’étude et m’a appris à quel point il était important de se dépasser pour développer ses talents. En marge du lycée, j’ai fait beaucoup de tennis, comme joueuse et comme arbitre fédéral, à Roland-Garros et à l’Open Gaz de France notamment. J’aurais même pu passer arbitre pro, mais il aurait fallu que j’abandonne mes études, ce que je ne souhaitais pas » raconte Claire. Après un bac littéraire, elle rentre en fac de droit à Saint-Quentin en Yvelines, avant de rejoindre La Sorbonne pour une thèse de doctorat (sur les présomptions en droit privé). Pendant son cursus universitaire, elle commence à travailler, d’abord comme chargée de TD, puis comme chargée de cours à Dauphine. Elle enseigne ainsi le droit durant huit ans, avant de se décider à changer de cap.

 « J’adorais enseigner, transmettre, expliquer. Mais cela ne me suffisait pas »

Si l’idée était en elle depuis un moment, c’est la conjonction de différents facteurs qui va finalement l’amener à sauter le pas. « J’avais 29 ans et j’ai fait un premier point sur ma vie professionnelle. Certes, j’adorais enseigner, transmettre, expliquer, vulgariser. Mais cela ne me suffisait pas. En outre, le métier d’enseignant-chercheur offre peu de perspectives d’évolution : on est prof et on reste prof, on ronronne un peu sur les mêmes cours… Je craignais donc de me lasser. Et j’étais frustrée du peu de contact avec les étudiants, j’avais besoin de plus d’échanges humains. A la naissance de mon deuxième enfant, j’ai donc remis ce choix en question. Et puis, durant l’été 2013, mon père est décédé brutalement : auprès de lui, je m’étais ouverte de mon projet quelques semaines auparavant, et il m’avait encouragée à me lancer. Cela m’a décidée à agir, d’autant que mon mari m’assurait de son soutien total, ce qui était crucial car reprendre mes études signifiait forcément des sacrifices, en termes financier et familial » relate Claire. Déjà titulaire d’un doctorat, elle intègre directement la Haute école des avocats conseils (HEDAC) où elle passe l’année scolaire 2013/2014. « Retourner sur les bancs de l’école, avec plusieurs stages à la clé, fut une expérience enrichissante. Je n’étais pas beaucoup plus âgée que certains autres élèves, mais j’avais déjà travaillé et j’étais mère de famille, ce qui fait que je ne fréquentais guère les soirées de promo… mais l’ambiance était bonne et j’ai gardé pas mal de contacts de cette période » ajoute-t-elle. A la rentrée 2015, enceinte de huit mois de son troisième enfant, Claire passe le CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat) et l’obtient. Elle souffle ensuite quelque temps, histoire de bien accueillir son bébé, avant d’ouvrir début 2016 son cabinet, à Versailles.

 « On m’a dit, à maintes reprises, qu’il était impossible de créer un cabinet ex-nihilo »

Pour réussir son pari, Claire a pu compter sur ses proches. « Mon mari était très enthousiaste, par moment même plus que moi ou presque ! Il avait plein d’idées et s’est occupé en grande partie de l’aménagement de mon cabinet. Il a aussi conçu et créé mon site internet. Ma mère m’a également soutenue en prenant le relais avec mes trois filles, qui n’ont pas eu à souffrir de cette période de transition. Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir aller les chercher à l’école la plupart du temps, en aménageant mon agenda. J’arrive même à me libérer pour accompagner des sorties scolaires, c’est une question de priorités. Quant à mon beau-frère, il m’a dit avec humour qu’il était content que la famille compte maintenant une avocate dans ses rangs » relate Claire, qui a néanmoins fait face au moment de son installation à des réactions assez décourageantes de la part de confrères, collaborateurs dans des cabinets. « Je me suis entendu dire, à maintes reprises, qu’il était impossible de créer un cabinet ex-nihilo… la preuve que non ! J’entends aussi souvent, de la part d’autres mères de famille pourtant titulaires du CAPA (mais n’exerçant pas) qu’une carrière d’avocate était incompatible avec la vie de famille. Là aussi, question de choix et d’organisation ! » ajoute-t-elle.

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« Je me bats pour mes clients quand souvent ils n’en ont plus la force »

« J’ai trouvé dans le métier d’avocat ce que je cherchais : cette profession me convient parce que j’aime aider les autres. Accompagner mes clients dans des moments souvent douloureux de leur vie, apporter des solutions à leurs problèmes, tout ceci me donne le sentiment d’être vraiment utile. J’ai pour principe de passer du temps avec chacun pour bien comprendre ce qu’ils souhaitent vraiment, au fond d’eux-mêmes. Et je me bats pour eux, quand souvent ils n’en ont plus la force » raconte Claire. Au démarrage, elle pensait démarrer doucement, avec quelques dossiers, mais à sa grande surprise l’activité a vite été au rendez-vous, le bouche à oreille aidant, à tel point qu’elle a rapidement dû embaucher une assistante. « Aujourd’hui, je m’interroge : dois-je continuer à embaucher ? Je refuse presque un dossier sur deux, faute de temps. C’est une décision qui implique pas mal de choses, au premier chef un déménagement de cabinet, et je pèse actuellement le pour et le contre » réfléchit-elle tout haut.

« Etre son propre patron, je trouve ça formidable »

Sa nouvelle vie, Claire l’apprécie en connaissance de cause. L’indépendance et la liberté 20170823_125225que lui confère son statut la comblent, même si cela représente un défi en termes d’organisation et beaucoup de travail. « Dans dix, vingt ans, quand j’essaie de me projeter, je me vois toujours avocate, mais avec de nouvelles cordes à mon arc. Au-delà des nombreuses formations que je suis chaque année pour rester au meilleur niveau, je m’intéresse beaucoup à la tutelle et à la curatelle, car l’aspect « protection du plus faible«  me touche, or peu d’avocats sont spécialisés sur ces sujets. J’aimerais aussi développer le volet « avocat d’enfants«  : au pénal pour les mineurs délinquants ou victimes, mais aussi en droit de la famille pour ceux qui se trouvent pris dans des conflits familiaux » précise-t-elle. Aujourd’hui, même si elle a peu de temps pour elle, la jeune femme trouve toujours le temps de lire, une activité qui la détend et l’enrichit tout à la fois. « Je fonctionne par phases, et quand un sujet me passionne, je lis tout ce qui s’y rapporte, en priorité les essais : éducation, astronomie, etc. En ce moment, je suis dans une phase « services secrets » ! » indique-t-elle. Son énergie, elle dit aussi la puiser dans son couple, très soudé, mais également dans sa foi, qui l’aide à prendre du recul.

 « Avant d’entreprendre un changement de vie, assurez-vous d’avoir des points d’ancrage autour de vous »

Des conseils, Claire, pour ceux qui ont envie de changer de voie et de se lancer en indépendant ? « Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il faut trouver des points d’ancrage autour de soi, pour bien gérer le bouleversement que cela entraîne. J’ai trouvé cette stabilité dans ma famille, ce qui fait que le changement n’a pas été anxiogène. J’avais des repères, ce qui m’a permis de prendre les bonnes décisions. Il faut aussi être patient et accepter de travailler pour y arriver ! Enfin, ne pas oublier d’être attentif dans les engagements que l’on prend : j’ai ainsi beaucoup réfléchi avant d’embaucher une assistante. Enfin, une fois l’activité lancée, ne négliger aucun dossier, même le plus « petit« , accorder à chacun la même importance, être présent à 100% pour ses clients. Ce qui nécessite de connaître ses limites pour ne pas en accepter trop, au risque de ne pouvoir bien les traiter » précise Claire en guise de conclusion.

 

Texte © Corinne Martin-Rozès / Photos © Claire Quétand-Finet
– Texte et photos ne sont pas libres de droit –

 

Pour en savoir plus sur Claire Quétand-Finet, direction cqf-avocat.com

 

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Catégories :Parcours atypique

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