Nolwenn, praticienne en shiatsu : « Parfois, un licenciement peut constituer une vraie chance de rebondir »

Mélomane de toujours, Nolwenn Le Nevé fait une première carrière dans l’industrie du disque. La brutalité d’un licenciement expéditif l’amène à reconsidérer ses priorités et, à la faveur d’une découverte personnelle, lui ouvre les portes de sa nouvelle vie professionnelle. Aujourd’hui praticienne certifiée en shiatsu, elle met son expérience au service des particuliers et des entreprises. Sa vocation ? Aider les autres à se relaxer, se maintenir en forme et mieux gérer leur stress.

IMG_6783De son enfance dans la campagne bretonne, Nolwenn Le Nevé garde un souvenir de calme et de sérénité. « Je passais de longs moments à lire et à écouter de la musique. J’étais entourée de vert et c’était finalement assez proche de ma nature » raconte-t-elle. L’adolescente veut faire du théâtre, ses parents lui conseillent un cursus plus conventionnel pour assurer sa future indépendance. Ce sera finalement un bac B (ES), suivi d’une école de commerce qui lui permet de s’installer à Paris, enfin. Pas forcément emballée par ce qu’elle étudie, Nolwenn obtient cependant son diplôme et se met à chercher du travail. « J’ai alors recroisé un copain breton, David Le Spegagne, consultant dans un cabinet d’outplacement,  qui m’a conseillé d’aller vers ce que j’aimais : la musique, un secteur où je n’avais bizarrement jamais eu l’idée de postuler ». N’ayant aucune référence dans ce domaine, elle rentre par la petite porte comme assistante du directeur marketing d’une major, mais ce rôle, trop peu opérationnel, la frustre vite. Elle intègre alors le département marketing international en tant qu’assistante chef de produit et, deux ans plus tard, rejoint une autre major du disque en tant que chef de produit vidéo. « J’avais réalisé que le disque commençait à rencontrer des difficultés et je voulais en outre acquérir de nouvelles compétences ». On est à la fin des années 1990 et le DVD vit ses balbutiements, une période passionnante dont Nolwenn se souvient avec plaisir. Dernier acte de sa première carrière, en 2007 elle devient directrice marketing au sein d’un label 360°, qui mixe production audiovisuelle et partenariat entre artistes et marques.

« J’ai décidé d’accepter ce qui m’arrivait, afin de réserver mon énergie pour construire autre chose »

En novembre 2009, c’est le coup de massue : alors qu’elle gère des contrats importants, un plan social survient et Nolwenn est brutalement licenciée, en trois semaines. « Nous n’avions rien vu venir. Après ces années intenses, où l’entreprise était devenue une partie importante de ma vie, où j’avais beaucoup donné, au détriment de ma santé parfois, cela a été un choc. Je ressentais de la colère, de l’incrédulité. Malgré cela, j’ai décidé d’accepter ce qui m’arrivait, afin de réserver mon énergie pour construire autre chose ». Débute alors une parenthèse étrange dans la vie de Nolwenn : pendant trois mois, elle se met en retrait de tout. « J’étais comme immobilisée dans du coton, incapable d’envoyer un CV, imperméable au monde extérieur. Sur le Portrait été Nolwenncoup, ce n’était pas désagréable mais au milieu de l’hiver, j’ai finalement dit stop : il fallait que je crée une nouvelle dynamique et j’ai décidé de partir voyager seule, chose que je n’avais jamais faite. Je me suis envolée pour la Thaïlande où j’avais quelques points de chute. J’ai juste pris un billet d’avion, car je voulais donner une vraie place à la surprise durant ce voyage, la seule chose que j’avais prévue étant de terminer par une semaine de plongée ». Hélas, une mauvaise otite vient contrecarrer ce dernier projet. Un peu déçue, elle atterrit sur une île où se trouve un centre de développement personnel avec yoga, pilates,  et tutti quanti. Elle qui n’a pas l’habitude d’aller se faire masser se retrouve alors entre les mains expertes d’un praticien peu causant mais très efficace. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais pendant la séance j’ai eu une révélation, un truc fou, très perturbant pour moi qui suis quelqu’un de plutôt rationnel. J’ai entendu en moi  »C’est ça ».  « Ça ?’’  Mais quoi exactement ? Je ne savais pas, car le praticien n’était guère réceptif à mes interrogations.  J’ai compris par la suite que j’avais découvert un type particulier d’énergie, qui allait m’emmener dans un nouveau domaine ».

 « Une révélation, c’est simple et c’est compliqué. Simple parce que cela vous évite de vous poser bien des questions. Compliqué parce qu’il faut parfois faire fi de son expérience professionnelle et repartir de zéro !»

Nolwenn reprend alors l’avion pour Paris. « J’avais 39 ans et une solide conviction au fond de moi. A part ça, j’étais consciente que j’allais passer pour une illuminée ! » Elle choisit d’en parler à la consultante en outplacement qui la suit dans le cadre du plan social. Loin de se moquer, celle-ci la prend au sérieux et lui dit que, parfois, un choc ou une rupture peuvent déboucher sur une révélation. « Pas facile malgré tout de gérer la suite ! Une révélation, c’est simple et c’est compliqué. Simple parce que cela vous évite de vous poser bien des questions. Compliqué parce qu’il faut parfois faire fi de son expérience professionnelle et repartir de zéro. Mais c’était plus fort que moi, j’en oubliais mon côté terrien, ma propension à faire des choix par sécurité plutôt que par envie ». Nolwenn recontacte alors le praticien rencontré en Thaïlande, apprend qu’il organise des stages en massages ayurvédiques en Europe et s’inscrit à une session de huit jours. « Je me suis rendue à Salzbourg et j’ai été plongée dans un univers qui m’a bouleversée. Ce fut une des semaines les plus heureuses de mon existence car la révélation que j’avais eue allait devenir un vrai choix de vie » se souvient-elle avec beaucoup d’émotion. De retour à Paris, elle cherche d’abord une formation en ayurvéda mais ne trouve pas tout de suite la bonne formule. « J’avais besoin d’un vrai cursus pour m’y plonger, or la plupart des propositions se déclinaient sur les soirées et les WE, sur deux ou trois ans, ce n’était pas assez intensif et je n’avais plus de temps à perdre ». Par hasard, alors qu’elle cherche un futon de massage, elle découvre à deux pas de chez elle une école de shiatsu où l’on dispense une formation à temps plein. Pendant deux ans, elle s’immerge : médecine chinoise, shiatsu, elle suit les enseignements avec bonheur, même si l’apprentissage est difficile tant la discipline est complexe. « Je me suis accrochée, j’ai passé des paliers et me suis sentie de plus en plus à l’aise. Heureusement, l’homme de ma vie me soutenait au quotidien. J’ai aussi pu compter sur le soutien de ma famille qui a tout de suite accepté ce que je  voulais devenir. » Financièrement, la formation est prise en charge grâce au crédit de formation lié au plan social, et Nolwenn touche une indemnité chômage.

 « Après l’apprentissage d’un nouveau métier, un autre challenge m’attendait, celui de l’entreprenariat ! »

IMG_4027Une fois diplômée, Nolwenn commence à lancer son activité auprès de particuliers. Mais elle veut aller plus loin. « Mon passé professionnel a ressurgi. En effet, dans la nouvelle logique où j’étais, la relation à l’autre est fondamentale. Or, où passe-t-on une grande partie de sa vie ? En entreprise ! Un lieu de réalisation de soi,  d’action et de collectivité, où les gens ne choisissent pas forcément de travailler ensemble et où, justement, il est important de leur donner des outils pour que cela se fasse dans les meilleures conditions. C’était aussi pour moi le meilleur moyen de faire la synthèse de mes deux vies 🙂 » Nous sommes en 2012 et la jeune femme  se lance alors dans une nouvelle démarche, celle de l’entreprenariat. Trouver un statut, construire son offre, prospecter… Elle prend conseil auprès d’amis entrepreneurs, se fait accompagner dans l’élaboration de son business plan par un cabinet indépendant, participe à des salons et entre dans une phase active de développement. Elle cherche aussi dans un premier temps à s’associer. « Ce n’est pas toujours facile de démarrer seule. Au moment de plonger dans le grand bain, on a besoin d’être rassurée et cela peut passer par le principe d’une association ».  C’est finalement en solo qu’elle se lance, début 2013.  « J’ai structuré mon offre aux entreprises, tout continuant ma pratique en cabinet. Puis je suis passée à la formalisation avec un siteSite internet internet et la création du concept ‘’Un Shiatsu à Paris’’, une structure d’accompagnement dédiée au bien-être, particulièrement adaptée aux entreprises ayant une réelle démarche sociétale. Ma vocation ? Par l’intermédiaire d’un outil qui est le shiatsu, aider les collaborateurs à récupérer,  à se relaxer, à se revitaliser et surtout à gagner en autonomie en milieu professionnel. Avec à la clé plus de bien-être mais aussi plus de performance ! Car pour y avoir travaillé 15 ans, l’entreprise, je ne l’oublie pas, reste un centre de profit ».

 « Le corps, cet atout formidable ! »

IMG_6967Aujourd’hui, Nolwenn a décroché ses premiers contrats en entreprise et organise régulièrement des stages découverte. « Mon rôle est d’aider les gens à ressentir à quel point leur corps est un formidable atout. Les premières expériences en entreprise on été concluantes car l’interactivité est toujours présente, et je ne retrouve pas en fin de stage les mêmes personnes que j’ai vues au début ! Forte de ces premiers succès, je continue de développer mon réseau. Une reconversion, ça se travaille sur le long terme, mais si l’on sent que sa démarche est cohérente, il faut tenir bon ». Avec le recul, elle a aussi compris à quel point les mois qui ont suivi son licenciement ont été cruciaux dans la construction de ce qu’elle est aujourd’hui. « Cette phase de flottement m’a permis d’entrer en résonance avec moi-même. Quand on vit une rupture et que l’on est confronté ainsi au changement, se donner un temps de pause est nécessaire et peut constituer une véritable opportunité, libérant des ressources et ouvrant la voie à des idées qu’on n’aurait jamais imaginées sans cela ».

http://www.unshiatsuaparis.com/
https://www.facebook.com/unshiatsuaparis

Texte Corinne Martin-Rozès

— Texte et images ne sont pas libres de droit —

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Catégories :Reconversion

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5 réponses

  1. SUPER, merci pour le partage de cette expérience …

  2. Très belle illustration concrète de la façon de transformer une difficulté en opportunité. En laissant l’espace libre à la vie elle-même (à travers les opportunités), l’espace à son intériorité (pour découvrir ses choix profonds, ses aspirations, ses attentes…), l’espace à la créativité hors de la pression sociale, des convenances, des influences extérieures.

    Bravo !

  3. Bonjour,
    « école de shiatsu où l’on dispense une formation à temps plein », puis-je vous demander ou vous avez trouvé cette perle rare? Je pense avoir épluchée toutes les écoles d’île de France et je n’ai rien trouvé de tel.
    Bravo pour votre parcours et votre volonté. Très inspirant.

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